À Saly Portudal, un « procès hors norme » s’est ouvert devant le tribunal de grande instance de Mbour. L’Observateur, qui a assisté à l’audience, rapporte les détails d’une affaire de mœurs particulièrement complexe impliquant I. Sané (52 ans), émigré de retour de France, sa nièce et amante Y. F. Sané (28 ans), restauratrice à Dakar, et F. Sow (24 ans), prostituée résidant à Keur Massar. Tous trois sont poursuivis pour « acte contre nature » et « collecte de données à caractère pornographique ».
Une nuit d’ébats gâchée par un vol
En avril dernier, rembobine la même source, la nièce propose à son oncle et amant une partie à trois pour pimenter leur relation. Elle fait venir à cet effet F. Sow depuis Dakar. « Munies d’un arsenal de jeux sexuels », les deux femmes rejoignent l’émigré. Au cours de la nuit, l’homme endosse le rôle de réalisateur amateur et filme l’intégralité de leurs ébats. La situation bascule le lendemain lorsque l’oncle, après avoir remis 70 000 F CFA à la prostituée, s’aperçoit que sa nièce s’est emparée de son téléphone portable pour lui « soutirer frauduleusement 50 000 F CFA ». Furieux, il la qualifie de « profiteuse », rompt immédiatement et annonce son intention de renoncer au « projet de mariage qu’ils avaient envisagé ». Malgré l’intervention nocturne de la prostituée pour tenter une réconciliation, l’émigré reste inflexible.
Une fausse plainte pour viol qui se retourne contre elles
Pour se venger et tenter de le contraindre à revenir sur sa décision, la nièce et sa partenaire changent de stratégie et déposent une plainte pour viol au commissariat de police de Saly Portudal. Convoqué, I. Sané rejette en bloc ces accusations. Pour prouver sa bonne foi, il remet aux enquêteurs les vidéos de la fameuse nuit. Les images montrent sans équivoque les deux femmes consentantes, souriantes et conscientes d’être filmées. Les trois protagonistes sont alors immédiatement placés sous mandat de dépôt.
La réaction de la juge et du procureur après visionnage des vidéos
À la barre, les deux femmes ont maintenu avoir été contraintes et filmées à leur insu. Une version fermement contestée par l’émigré, qui dénonce un « complot orchestré par les deux » filles, et réfutée par la présidente du tribunal elle-même après visionnage des fichiers électroniques, rappelant aux plaignantes que « l’exploitation des images prouvait sans équivoque qu’elles savaient qu’elles étaient filmées ».
Estimant leur culpabilité établie, le procureur de la République a fustigé leur comportement et requis une lourde peine de dix ans de prison ferme pour chacun des trois prévenus. Le délibéré de cette affaire, qui a attiré une « foule nombreuse venue de toute la Petite-Côte », a été fixé au 19 mai prochain, signale le quotidien du Groupe futurs médias.