Mozambique/ Sénégal
Un nul au goût de cendre
Pour son baptême du feu, Vieira cherche carrément ses marques…
Par MLDIATTA
D’abord un onze de départ inédit avec :
Yehvann
Axe central Niakhaté/ Sadibou Sané
Lamine Sy et Elhadji Malick Diouf comme latéraux
Pape Matar lancé au milieu pour soutenir Lamine Camara et Pape Guèye et puis une attaque expérimentale Jackson et le duo Sima/ Assane Diao sur les côtés.
Finalement ce joli but tout en finesse de Nicolas Jackson ( contrôle et extérieur pied droit) a été anéanti par la frappe de loin bien sentie de la Star locale Catamo qui évolue au Sporting de Lisbonne ( Portugal). Nul équitable ? Même pas. Le Sénégal est plutôt du standing des 20 meilleures sélections du monde. Mais le Mozambique a eu le mérite de profiter sur ses terres de ce qu’on appelle dans ce milieu la glorieuse incertitude du sport.
L’enseignement majeur à tirer de ce premier match de Vieira sur le banc des Lions, c’est que ce coach semble un tantinet perdu. Il cherche visiblement ses marques. Il ne maîtrise pas encore l’environnement particulier de la tanière. Il égratigne d’ailleurs le nom de ces joueurs : Qui parmi les supporters connaît Manio Sané, Sapothio ou encore Elimane Endiaye ? Personne. En revanche Sadio Mané, Bara Sapoko et Elimane Ndiaye méritent plus d’attention de la part d’un technicien censé être en fusion avec ses joueurs. Clairement. Le pire, c’est que Vieira découvre à peine l’environnement électrique du football africain. Ici, les matchs sont de véritables combats de gladiateurs et les conditions de voyage d’un point à un autre du continent peuvent être délicates. Sans oublier cette mauvaise pelouse de Maputo que tout le monde découvre et que les Lions sont obligés d’apprivoiser pour se tirer d’affaire. À intégrer dans la grille d’analyse, en Afrique, désormais tout le monde sait jouer au foot. Aux Lions de savoir hausser le niveau pour triompher.
Voilà pour le contexte !
Le système de jeu et les motifs de satisfaction…
Après, il faudrait bien disséquer la production du bloc. Autant en première mi-temps l’équipe avait développé un 4/ 3/ 3 avec un jeu fluide, dépouillé et varié basé sur une bonne utilisation des couloirs ( surtout le côté gauche du duo Elhadji Malick Diouf/ Sima), autant le jeu s’est liquéfié en seconde période malgré les entrées d’Ibrahim Mbaye, Gana ou encore Boulaye et Pape Moussa Fall le goleador Messin…Autrement dit, l’équipe devrait tuer le match lors des temps forts des 45 premières minutes afin d’éviter tout suspense. C’est le propre d’un miraculé de savoir s’accrocher à la moindre brindille pour survivre. De ce point de vue, ce Mozambique de Chiquino Condé a été bigrement résilient. Il s’agit d’ailleurs d’une sélection composée essentiellement de joueurs évoluant au Portugal et dans des championnats exotiques comme l’Azerbaidjan. Cela veut dire qu’ils sont loin derrière le Sénégal en termes de standing mais à force d’engagement, de foi et de détermination, l’on peut carrément soulever des montagnes.
Et puis devrait-on parler de motifs de satisfaction dans ce match à oublier très vite ? Quelque part oui avec notamment Jackson auteur d’un but de renard de surface, Elhadji Malick Diouf assez remuant, Sima, auteur d’une passe décisive et à un degré moindre Niakhaté capitaine- courage…
Lamine Sy le piston droit d’AJ Auxerre a été discret mais il a fait le job.
Pour sa part, Pape Matar Sarr le néo-Bianconeri a grillé un précieux joker par sa nonchalance et son incapacité à muscler son jeu malgré ce talent inné que tout le monde lui reconnaît.
Sur le but encaissé, il ne faudrait surtout pas accabler le portier Yehvann Diouf masqué par des défenseurs apathiques qui avaient oublié de faire écran sur le tir de Catamo… Dur, dur !
Cette sélection de Vieira nous doit vraiment une revanche. Ce public sénégalais à la fois passionné, exigeant et connaisseur l’attend au tournant et exige une victoire probante lors du prochain match contre l’Éthiopie à Addis-Abeba